L’âme de la Larme

Il ne m’amuse guère de vous voir pleurer

Et cette larme coule le long de votre joue

Votre émotion sincère, me rend frêle, apeuré

Ma main aimerait se tendre, caresser votre joue.

La tristesse nous emplit tous les deux un instant

Sur une page blanche, l’encre verse ses lettres

La main blanche semble marquer le temps ;

Elle traduit la colère, celle du mal être.

Sa maison, comme son cœur, se ruine

Les plâtres s’éparpillent véritable hécatombe.

Je vous en prie, Marquise, changez cette mine

Le chagrin vous achève en creusant votre tombe

Il n’est point de tristesse sans trouver de remède.

Votre Honneur fut bafoué, relevez donc la tête

Si je ne suis l’ami, laissez moi être l’aide.

La bougie se consume dans l’obscurité

Vous sanglotez encore, je veux vous consoler

Quelques mots inutiles pourraient vous irriter

Et je ne sais que faire, vous êtes isolée…

La larme, qui coule, efface ce maquillage

Entraînant l’apparence de cette vie glamour

Vous ne croyez en rien, il vous faudrait un Mage

Qui redonne le souffle, à l’éperdu amour.

Votre regard s’élève vers ce beau blason,

De belles lettres dorées, un splendide Chardon

Cette emblème courageuse ramène à la raison

La larme ne coule plus, quel incroyable don.

Le coup fut porté bas, et de manière inique

Au plus profond du cœur, j’en suis moi-même meurtri,

Le dessein était fourbe, lâchement cynique,

Au doux yeux d’antan succède un air marri.

Vous décidez soudain que rien ne vous atteint,

Vous mènerez combat contre l’ennemi impie

Votre visage s’éclaire, retrouvant tout son teint

Votre fierté piquée se vengera, mal en pis

La larme qui coulait le long de cette joue

Deviendra désormais l’âme vengeresse

Vous saurez y répondre et porter votre coup.

L’autre agonisera, il n’y a rien qui presse

Tout cette violence par l’affront affligé

Et si vous persistiez dans une telle rancune

Sachez que cet amour n’en vaut pas la dragée

Qu’au nombre des victimes, il n’y en aura qu’une

Se venger ne serait qu’une mauvaise idée.

Je ne suis que Baron, vous êtes une Marquise

La vie ne se joue pas comme une partie de dés

Mais il ne tient qu’à vous de demeurer exquise

Permettez-moi, Madame, de m’en excuser,

Loin de moi, croyez le, d’envers vous être rustre

Il n’y a rien de pire qu’un ami récusé

Votre cœur, sans la larme, sait rester juste.

26 Septembre 2002

Souvenirs

Assis sur une chaise

Je contemple ce temps

Ce temps fait de malaise

Ce malaise qui m’attend.

Les photos gisent encore

Sur le sol poussiéreux

Des phrases dures décorent

Ces mûrs gris et vieux.

Le soleil, avec peine,

Transperce la fenêtre

Et les rayons dépeignent

La vie de cet ancêtre.

Point de joie, d’allégresse

Dans cette petite pièce,

Comme si le temps régresse

Et que la mort acquiesce.

De multiples souvenirs

M’assaillent chaque fois

Que mes yeux soupirent

Aux images d’autrefois.

Chaque objet me rappelle

Ce qu’était le passé

Le futur avec elle,

Elle qu’il laissa passer.

Les regrets, les remords

Remplissent cette pièce,

Cette pièce que la mort

A vidé sans tristesse.

Le temps semble stoppé

Dans son cheminement

La vie s’est arrêtée

Aussi abruptement.

Que deviendront donc

Les souvenirs de cet homme ?

Quelle trace laisse-t-on

Quand il n’y a plus personne ?

La vanité a pour but

Qu’il n’accepte pas son sort

Et que d’autres comme culte

Célèbrent toujours sa mort.

Vendredi 16 juillet 2004 par Cinelle

Vague à l’âme

un voilier sur les mers

balloté par les flots

par le vent par les airs

qui décrit par les mots

les dégâts que le vent

doucement peut bien faire

à la coque au dedans

comme l’amour au coeur

de sentiments touché

apporte la rancoeur

de cette bien aimée

avant que la tempête

violemment déchire

la voile de goélette

les tourbillons attirent

le navire vers les fonds

et le marin meurtri

qui ne sait plus quel don

la nature a choisi

pour lui prendre son coeur

il s’agrippe au mat

cet objet de malheur

que la foudre frappa

comme la flèche avant

transperce de part en part

le corps du pauvre amant

emporté par l’amarre

que l’amour constitue

dans les gorges profondes

des limbes où il y eut

nombre de vies grondantes

car on peur a ôté

ce qui leur était cher

cet être qu’ils aimaient

et qui les rendaient fiers.

Le 3 août 1999 par Cinelle.

Deus dirige nos

Au clocher sonnent douze coups

Ceux du glas, celui des fous.

Réunis sur une grand place

Les enfants, des chiens qui passent

S’arrêtent là terrorisés

Par ce sermon qu’on a prêté.

Un Evèque même Cardinal

Du doigt tance cette foule.

“L’heure du jugement est arrivée !

Pour tous ceux qui ont pêché.”

Les tambours aux cloches succèdent.

Bûcher, potence. Ils demandent l’aide

A celui qui les condamne

D’avoir à Satan vendu leurs âmes.
Le Prélat brandit sa croix

Dont l’or brille sur tous les toits.
De bonnes gens qui chaque soir

Avant dormir prient dans le noir

Sont rassemblés à l’échafaud

Pour voir mourir ceux pris en faux.

Et le bourreau a marmonné

Le dernier souhait des accusés.
La rumeur de la foule

Se fait pressante comme la houle.

Ce Mazarin en toge noire

Avec mépris ordonne la gloire

De cette église chimérique

Par un grand geste tyrannique.
Le jugement est vite tombé

Tel la lame ou le couperet

Qui ne laissent aucune chance

A ceux pris dans la Balance

D’une Justice arbitraire

Frappant ceux qu’elle veut faire taire.
Et le cortège par sa voix

Fait montre de toute sa foi.
Et lentement la foule laissa

Tous ce pêcheurs à leur trépas.
Son éminence se retire

La populace craint d’autres martyrs.
Et sur la place déserte

Reposent les corps inertes.

La ville s’endort pieuse

Quand une fille silencieuse

Sur l’estrade tachée de sang

Pleure à jamais son frère innocent.

Le 21 juillet 1999 par Cinelle.

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