Quel drôle de titre, me direz-vous, et vous aurez raison !

D’autant plus que le propos pourra être considéré comme totalement étranger.  Néanmoins, je me dois de témoigner ici de ce que j’ai vu ce matin dans le RER.

Assis non loin de moi, un homme de 35-40 ans, portant 2 sacs dont un aux couleurs des 6 jours du BHV. Il s’assit et entame la lecture d’un ouvrage à la couverture jaune dont le titre m’a fait esquisser un sourire. Puis, tandis que je déchiffrais ce titre, je le vois plonger son auriculaire dans son nez, narine de droite, afin d’y rechercher cet intrus qui sème le chaos et parsème sa cloison nasale. Certes, j’ai trouvé cela choquant mais ma révolte fut encore plus vive (quoique purement intérieure) quand de nouveau il alla chercher de ses doigts belliqueux l’objet de son trouble à l’ordre nasal.

Et cette réflexion qui a alors émergé de mon esprit rebel : “Les anarchistes cherchent toujours à remuer la merde malheureusement ils pensent agir dans la discrétion et sont souvent démasqués quand ils ne s’y attendent pas”.

Par conséquent, si être anarchiste de droite c’est se curer le nez en public et en toute quiétude, je préfère encore rêver que l’on peut renverser un pouvoir pour ne pas l’exercer.

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Pendant une semaine, j’ai pris le RER A pour mon stage. Chaque jour j’ai pu me rendre compte que les gens avaient les traits tirés le matin, le visage fermé et l’air fatigué et de même le soir, les gens avaient l’air fatigué et le visage fermé. Des gens qui dorment et somnolent matin et soir. Des gens soucieux et des gens pensifs. Chaque jour, les hommes et les femmes “qui se lèvent tôt” m’ont semblé vraiment crevés.

La ligne A est l’une des plus utilisées si l’on en croit le Président et je veux bien le croire car je suis sur un terminus et en prenant le RER le matin, il n’y a parfois aucune place assise. Les gens s’entassent dans les wagons et il est clair qu’il faut faire quelque chose pour modifier cela.

Et puis sur ma ligne, les rames ne sont plus toutes jeunes et pas forcément adaptées à l’affluence.

Le mardi, j’ai été bloqué trente minutes entre deux stations et quand je pense que la plupart des gens autour de moi prennent ce moyen de transport public sur 52 semaines…Je me dis que je peux comprendre leur ras le bol. Quand il fait chaud, c’est intenable, une jeune femme a fait un malaise alors que nous étions bloqués dans un tunnel. Les informations, cependant, étaient claires et précises, nous savions pourquoi nous attendions. Un problème technique à Auber. Les transports sont générateurs de stress, de fatigue et de tension.

Tandis que je quittais l’hôpital pour rejoindre le RER, je me suis retrouvé place de la Nation au milieu de milliers (centaines?) de jeunes et de policiers…C’était assez impressionnant, toute cette foule. Je n’aime pas trop la foule, j’ai peur des mouvements de panique, des bousculades et des situations conflictuelles qui engagent beaucoup de monde. Il y avait tout un groupe posté dans une rue puis ils ont fait mouvement vers la place…C’était étrange, j’avais l’impression qu’ils n’avaient pas de but précis que de faire se déplacer les policiers. Dans les escaliers qui menaient aux quais, de nombreux jeunes étaient dans l’attente, mais de quoi?

Une fois sur le quai, j’ai entendu un grand bruit de voix, une brouhaha très bruyant. Sur le quai d’en face, tout un groupe est arrivé, ils ont traversé tout le quai d’un bout à l’autre. Ils ont retardé le départ d’une rame. Trois policiers isolés se sont rendus de l’autre côté…mais que pouvaient-ils faire?

Je n’ai pas trop suivi le débat sur le budget de l’Education Nationale mais je n’ai jamais compris le besoin de supprimer des postes quand il y a tant de vacataires qui attendent une titularisation, quand des classes sont surchargées, quand le système éducatif d’un pays permet d’évaluer en partie son avenir et sa richesse…Il est dramatique de voir que des élèves passent les classes sans savoir lire ou écrire…