HADOPI (Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des Droits sur Internet) a généré deux polémiques selon moi. La prémière c’est l’absence des députés UMP lors du premier vote, la deuxième c’est le renvoi d’un salarié de TF1 en charge de l’innovation sur le web.
L’absence des députés signifie un manque d’intérêt pour la matière et la manoeuvre des Socialistes n’est pas glorieuse à ceci près que l’UMP ne peut pas accuser les socialistes de ne pas jouer le jeu démocratique, ils ont été mesquins mais si la droite avait eu le nombre suffisant, dans ce cas là, le texte serait passé au premier vote. La vie démocratique en France est prise en tenaille entre les cumuls de mandat et l’implication de nos députés. En définitive, nos parlementaires votent un tas de loi, sur-ajoute sur des textes déjà existant et ont tendance à légiférer pour répondre à une émotion ou une demande d’un groupe de pression. Le système envisagé pour défendre les intérêts des artistes et surtout des producteurs et maisons de disque (voire tous les auteurs et maisons d’édition) me paraît un peu débile. On prévient, on menace puis on suspend le compte internet. Je suis totalement contre le téléchargement, je pense que c’est du vol, je pense que c’est une atteinte à l’expression et au travail d’autrui, je crois que les gens ne se rendent pas compte qu’ils ont un impact sur un certain nombre de personnes. D’un autre côté je vois l’évolution des prix. Je suis un grand fan d’Aretha Franklin, quand j’ai commencé à acheter des CD, le prix moyen était de 80 francs soit 12 euros. Aujourd’hui, les mêmes albums sont dans les 20 euros soit plus de 120 francs. Sans compter les CD récents ou les albums nouveaux (il y a un nombre incalculable de compilations…), dès lors les maisons de disque ont tendu le bâton pour se faire battre. Néanmoins, il ne faut pas oublier que rien n’est gratuit dans la vie et se dire que “les autres le font, je le fais” ça démontre une seule chose : de la bêtise.
Et puis, le plus grave, cet atteinte à la liberté individuelle, cette violation de la correspondance privée, l’intrusion dans la sphère personnelle et un non respect du droit d’expression. Cet employé, ce cadre, peu importe, a envoyé un mail privé à sa député pour lui faire part de son sentiment sur HADOPI. Il a exprimé un avis, une opinion qui relève de la sphère privée. La première question que je me pose est : comment ce mail a-t-il pu arriver entre les mains de TF1? Ensuite, comment peut-on à ce point mélanger la sphère privée et le domaine professionnel? Enfin, sur quel fondement TF1 a licencié cette personne? C’est là que le mélange politique et médias est dangereux. J’espère qu’il traînera TF1 devant les tribunaux et j’espère que la Justice rendra une décision motivée et compréhensible. L’expression est un droit. Le devoir de réserve ou le secret et la discrétion professionnelle ne peuvent pas être mélangés avec cette expression et ce droit garanti par la Constitution : En France, c’est la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 qui consacre la liberté d’expression. L’article 11 dispose : “La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi”.
Il faut un trouble caractérisé pour licencier un salarié qui n’aurait pas fait preuve de sa loyauté envers son entreprise en la critiquant ou en diffusant des informations internes confidentielles. Dans le cas de ce salarié de TF1, il a exprimé un avis à propos d’une loi et non pas une critique à l’encontre de son entreprise, il n’a pas non plus divulguer d’informations sur son employeur ou ses organes.
Espérons que la décision de Justice ne viendra pas amoindrir ce droit.
