Voilà, les députés ont décidé d’interdire la vente d’alcool aux moins de 18 ans (et de tabac aussi). Je réagis surtout sur le sujet de l’alcool car je crois que c’est une vraie question de culture et d’éducation et que le fait d’interdire est assez bête à moins d’y adjoindre des mesures de prévention, d’accompagnement et d’aide.
J’ai commencé à boire quand je vivais à l’étranger. Shirley se trouvait derrière le bar du (Royal Oak) Beer Engine de Sheffield en cette année 1998 et j’entrai là après mon inscription au club de sport, rendez-vous m’avait été donné ce soir là dans le pub. A peine rentré, elle m’interpella d’un “What can I get you, Luv’ ?” avec un accent du Yorkshire à couper à la hâche. Mon regard parcourt le bar et je tombe sur une promotion “triple whisky and coke for £2″ that’s a bargain ! Je n’ai jamais vraiment fumé, sauf en soirée pour le côté “social” mais avoir la langue pateuse et une haleine de rat crevé, pas tip top au petit matin…
L’alcool c’est sympa, c’est bon mais ça rend con. Je me souviens avoir tellement vomis et avoir eu tellement mal à la tête que le jour où j’ai eu un black out total au lendemain d’une soirée bien arrosée, j’ai décidé d’arrêter en tous cas de savoir m’arrêter.
On revenait d’un match de hockey à Newcastle et dans le car on avait des bières (j’aime pas la bière), j’avais bien joué ce jour là et on m’a fait boire et j’ai accepté de boire pour “être comme les autres” et l’effet de bande a joué un grand rôle ce jour là. Sur la route, je me suis bourré la gueule, on est arrivé au pub (là c’était le Jolly Buffer) et là Hannah m’a offert des shots d’After shock, une boisson dégueulasse avec des couleurs improbables et un goût d’after shave et une odeur de canard WC (non ce ne sont pas des sponsors de mon blog). Toujours est-il que j’ai continué de boire des triples whisky coca et puis on décide de partir en boîte “Come on Jools, we’re leaving” et là…une fois arrivé au Kingdom (la boîte dans le centre ville), je n’ai plus aucun souvenir, je ne sais pas si je suis rentré, et si je suis rentré combien de temps j’y suis resté. Mon dernier souvenir c’est de me retrouver au matin dans mon lit, une jambe à l’extérieur, avec un mal de tête tellement énorme que les effets de l’alcool me rendaient encore “dizzy” et je chavirai à chaque pas. L’un de mes collocs m’a raconté qu’il m’avait retrouvé assis sur les chiottes, à poil, penché en avant, les bras balants…Et là, j’ai eu honte. Puis, j’ai bossé dans une boîte de nuit, au fameux Kingdom où j’allais quand je sortais, et j’ai vu des jeunes femmes, tellement pétées qu’elles rampaient ou se déplaçaient à quatre pattes pour retrouver leur porte monnaie ou une boucle d’oreille sans faire attention au verre brisé éparpillé sur le sol.
Bref, tout ça pour dire que les anglais s’ils se démontent la tête ne prennent pas le volant après avoir pris ne serait-ce qu’une pinte de bière. A New York, j’ai vu un vieux monsieur devoir montrer sa carte d’identité pour pouvoir acheter de l’alcool, parce que c’est la loi, parce que partout on demande les papiers, quel que soit l’âge car si les débitants de boisson ne le font pas, ils risquent très gros.
Ce qui importe, au delà de l’interdiction c’est d’expliquer, c’est de faire comprendre que l’alcool c’est pas la condition nécessaire à la fête. Souvent mes amis me demandent ce que j’ai bu ou fumer quand je déconne, mais je n’ai pas besoin de ça pour m’amuser.
J’ai vu les ravages que fait l’alcool, tant au plan physique et mental qu’au plan personnel. Ca peut détruire beaucoup de chose, ça peut devenir quelque chose d’inévitable et l’alcool est une drogue.
Si la jeunesse boit tant d’alcool c’est qu’il y a un manque par ailleurs et ce manque est dans l’éducation, quand j’étais jeune on m’a appris à être responsable, à mesurer les conséquences de mes actes et à décider pour moi même. On ne m’a pas interdit de boire, on m’a interpellé sur les effets néfastes. On ne m’a pas interdit de fumer, d’autant plus que mes parents fumaient, on m’a expliqué que l’effet de mode était stupide et que faire comme les autres ne faisaient pas de moi un mec cool et que c’était dangereux pour la santé qu’à leur époque on ne savait pas que le tabac provoquaient le cancer et on en distrbuait même aux soldats au service militaire.
Je bois, parfois sans modération mais en faisant attention de ne pas mettre les autres en danger ou en ne me mettant pas en danger.
Il faut de l’éducation, de la prévention et de l’aide, la répression doit se faire en direction des débitants pas des consommateurs.
Prière des AA :
“Mon dieu donnez moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer,
Le courage de changer les choses que je peux,
Et la sagesse d’en connaître la différence.“
