C’est fait, la réforme constitutionnelle a été adoptée aujourd’hui par le Parlement réuni en Congrès à Versailles après de nombreuses tractations, des promesses, des assouplissements et des carottes distribuées çà et là par le Président et la Majorité. Tout s’est joué à une voix près. Certains diront que le fautif est le Président de l’Assemblée Nationale qui habituellement ne vote pas et d’autres accuseront le socialistes qui ont décidé de voter cette énième refonte de notre brillante constitution de 1958. Une seule petite voix qui a départagé les pour et les contre. Pour des raisons obscures, ceux qui hier y étaient favorables ont changé d’avis, les quelques récalcitrants ont probablement préféré que le Président les aient en odeur de sainteté car le vote n’étant pas anonyme, il pourra pointer du doigt ses “ennemis” de l’intérieur ou ses opposants. J’imagine que ce sont les députés et les sénateurs qui ne voient pas d’un bon oeil ce Président qui s’agite beaucoup et menace leurs pré carré.
J’ai suivi quelques discours sur LCP/PS et voilà ce qui en ressort, pour Jean-François Copé avant le vote, cette réforme était du même acabit que la LOLF en 2001…Une unanimité droite-gauche, ou presque, la fierté d’une Nation toute entière de s’être doté d’une véritable constitution financière que tous nos voisins européens nous envient…A ceci près que vu la façon dont ils appliquent cette loi organique relative aux lois de finances, ils n’ont rien compris à la finalité de leur propre texte et je me dis que si Copé fait un rappel à cette initiative de gauche soutenue par la droite, cela ne présage rien de bon.
En tout état de cause, l’hypocrisie est là, la gauche accuse Jack Lang qui n’a fait qu’adhérer à son travail, mais il était un peu tard pour se réveiller. Peut être que les relations avec les médias sont aussi responsables de cette situation et que la droite bénéficie d’une meilleure écoute et d’une meilleure presse mais la gauche doute encore pour son avenir, personne ne se détache réellement pour le poste de leader, il ne s’agit pas pour les socialistes de trouver un premier secrétaire mais de trouver une voie, de trouver une issue, de trouver leur raison d’être, d’oublier leurs complexes et de se définir comme ils le doivent. Ils pataugent depuis la présidentielle et se regardent en chiens de faïence, on dirait la droite il y a 15 ans, le rassemblement et la reconstruction va devoir passer par une évolution, mais sont-ils en mesure d’y parvenir?
La réforme constitutionnelle a démontré la courte majorité de la droite, la désorganisation de la gauche et l’hypocrisie croissante des deux hémisphères de notre politique nationale.